Entre les lignes de «m’enfuir d’ici» de Katrine Sansregret

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Quels secrets et anecdotes se cachent derrière vos chansons préférées ?

L9 : Dans ta chanson m’enfuir d’ici, il y a beaucoup de pression extérieure dans les paroles : « Pourquoi tout le monde me retient », « Tout le monde essaie de me convaincre ». Comment navigues-tu entre ce que les autres attendent de toi et ce que toi, tu désires profondément ?

Katrine : Quand j’ai écrit « m’enfuir d’ici» je me retrouvais dans un parcours traditionnel. J’étais aux études, en fin de parcours scolaire, je me sentais encadrée et limitée. J’avais besoin de m’évader, de partir seule à l’aventure pour pouvoir me retrouver. La musique, ce n’est pas un parcours traditionnel. C’est libre, c’est créatif, on a besoin de vivre et de briser le quotidien pour être bien en tant qu’artiste. Évidemment, dans ce genre de quête identitaire, les gens autour ne comprennent pas toujours où on se trouve dans notre tête. Je crois que je réussis à créer le parfait juste milieu entre ce que les autres attendent de moi et ce qui brûle à l’intérieur de moi. Ce n’est pas toujours simple, mais en chanson, ça se comprend mieux 🙂

L9 : Vers la fin, tu chantes : « J’ai tout donné, j’ai tout essayé / Tu n’as pas su remarquer / Qu’un jour je partirais sans toi à mes côtés ». Ça évoque entre autres une rupture, mais est-ce que ça peut s’appliquer à d’autres situations que tu as vécues dans ta vie ou dans ta carrière ?

Katrine : Je dirais que c’est particulièrement attribué à une rupture. Une relation peut rapidement aussi devenir un élément contraignant dans une vie. On peut laisser des signaux, mais ils ne sont pas toujours perçus et on finit par quitter, mais l’autre personne peut continuer de vivre dans le déni. C’est le côté difficile d’une relation, ne pas se retrouver à la même place au même moment en termes d’évolution personnelle.

L9 : La chanson pose une question frappante : « Est-ce que j’aurai eu le temps de faire ce que j’avais envie? » Est-ce une peur qui t’accompagne souvent, même en dehors de la musique?

Katrine : Évidemment. J’ai souvent dit, dans mes premières années d’écriture, que je n’écrivais pas parce que je n’avais rien à dire. Je sentais que je n’avais rien vécu et que je ne savais pas de quoi parler. J’ai longtemps eu peur de ne jamais savoir quoi dire dans mes chansons, mais aussi dans ce que je défends en tant qu’artiste. Quelques années plus tard, je comprends exactement ce que je veux dire et vers où je m’en vais. Ça peut juste me faire comprendre qu’avec le temps et les expériences, je vais continuer de me trouver et approfondir mes propos. Je veux parcourir le monde depuis toujours, je veux aller apprendre des autres pour réaliser ce que j’ai.

L9 : Comment s’est déroulé le processus de création de m’enfuir d’ici, de l’écriture à la sortie, en passant par le vidéoclip ? As-tu eu un moment favori, ou une surprise insoupçonnée ?

Katrine : Le processus s’est étendu sur une longue année (rires) ! Mon moment favori est probablement encore la journée en studio où la chanson est née. Je capotais, je l’aimais tellement et c’était un énorme cri du cœur. Quelques mois plus tard, elle sortait sur les plateformes et les gens la découvraient, et le vidéoclip a suivi. J’ai adoré tourner ce clip, c’est tellement une réussite, la chanson a été merveilleusement mise à l’honneur.

Ne manquez pas la performance de Katrine à Belle et Bum ce samedi le 28 mars !